jeudi 28 mars 2013

Rencontre avec Samuel Lesueur, président et fondateur de l'Electrolab, à Nanterre.











Samuel, peux-tu nous parler un peu de toi et nous présenter l'Electrolab ?

Je suis Samuel Lesueur, Fondateur et actuel président de l'Electrolab. J'ai suivi un parcours relativement classique (DUT puis école d'ingénieur) ponctué par des participations à la coupe de France de robotique et de nombreux projets personnels.

Lorsque j'ai commencé l'aventure Electrolab, il y avait plusieurs hackerspaces en activité dans la région parisienne : La Suite Logique, le /tmp/lab et la Blackboxe. Ces 3 hackerspaces étaient plutôt orientés informatique, ce qui ne me convenait pas vraiment étant donné ma passion pour l'électronique. Le /tmp/lab était parfois fois le lieu de travaux sur quelques projets électroniques mais il est installé à Vitry ce qui me faisait beaucoup de route.

À force d'y penser, je finis par me dire que le mieux serait de monter un hackerspace orienté électronique et mécanique près de chez moi. L'ennui de ce genre de structure, c'est que contrairement à ceux qui ne veulent faire que de l'informatique, il faut un local pérenne pour pouvoir installer les machines, stocker les composants et travailler dans de bonnes conditions. Du coup, il était hors de question de monter l'Electrolab dans un lieu où notre présence ne serait que tacite ou tolérée comme les autres hackerspaces de l'époque. Je me suis alors mis à la recherche d'un local pouvant accueillir l'association. Au bout d'environs 6 mois je me fais prêter un local industriel pollué et inutilisable pour son propriétaire. En échange de la remise en état du local, on me laisse y installer une association pendant plusieurs années : le plus dur est fait ! Je crée alors le site web http://www.electrolab.fr et commence à parler de mon local à la communauté via diverses mailing lists. Le résultat ne se fait pas attendre : à la première ouverture du local, 15 personnes de 19 à 65 ans ont fait le déplacement. Une association est montée quelques mois plus tard et les travaux peuvent commencer.

Pendant les deux ans qui suivirent, plus de 150 personnes différentes se succèdent aux week-end de travaux, qui permettent d'aménager le local et de transformer un vieux sous sol pollué en un vrai laboratoire pluridisciplinaire de qualité acceptable. Électronique, mécanique, physique, chimie... il y en a pour tous les goûts et toutes les envies.

Entre temps, les autres hackerspaces ont évolué également et plusieurs ont tristement disparu. De ce fait, l'Électrolab est maintenant l'un des plus gros hackerspace de la région parisienne. Ce n'était pas du tout notre objectif initial... Nous voulions marquer notre différence, tout en soutenant l’existence de structures ayant un fonctionnement différent du notre et non les voir fermer l'une après l'autre. Heureusement, depuis un an environ, on assiste à la naissance d'autres endroits qui abordent un peu le même esprit que nous (hacker autre chose que de l'informatique). On peut citer notamment le Tetalab à Toulouse (2009), le Technistub en Alsace (2012), le NWBI à Nancy (2010) ou encore le FacLab à Gennevilliers (2012).






Quelle est la différence entre un Hackerspace, un FabLab et un TechShop ?

En premier, un petit rappel sur ce qu'est un hacker : Un hacker est quelqu'un qui partage de manière non marchande ses connaissances et projets et les met à disposition de tous sur la toile en utilisant des licences libres. Les licences libres sont les licences qui permettent à tout le monde de réutiliser le travail des autres et de participer aux projets (comme Linux ou Wikipedia). Il se trouve que le mot "hacker" a une connotation négative puisque c'est ainsi que sont nommés - notamment dans les films produits à Hollywood – les pirates informatiques qui ont des activités illégales sur le net. Ainsi, bon nombre de personnes ont tendance à confondre ces deux mondes et à mettre tout le monde dans le même panier. A l'Electrolab, nous utilisons également l'informatique, car elle permet par exemple d'animer des robots, d'apporter des fonctionnalités supplémentaires à des équipements anciens, mais ce n'est qu'un outil parmi d'autres et nous l'utilisons à bon escient.

Pour revenir à la question, la principale différence entre les trois termes réside dans le mode de fonctionnement des structures :

Un Fab lab est un endroit qui rassemble les outils et matériaux permettant à chacun de venir faire réaliser des projets concrets. Ils sont équipés de machines neuves achetées à prix fort et proposent souvent
un service payant et un ou plusieurs permanents qui utiliseront les machines sur place pour réaliser les pièces nécessaires aux projets des membres / visiteurs. Ainsi ces derniers peuvent se concentrer sur l'aspect créatif, puisque la réalisation des pièces est déléguée au personnel de la structure. Ce type de
service convient particulièrement aux personnes ayant une sensibilité artistique mais aussi aux designers.

Les Tech shop sont en fait des entreprises qui ont un business-model proche de celui des Fab lab mais qui ont des objectifs de rentabilité et peuvent se permettre d'acheter des machines extrêmement performantes. De ce fait, leur public comporte également des entreprises en mal de R&D.

Un hackerspace (tel que l'Electrolab) est un lieu un peu mixte qui va essayer de posséder des machines similaires à celles des fablab mais en les fabriquant / réparant ou en détournant des outils de leur usage premier. Les deux maîtres mots d'un hackerspace sont DIY (fais le toi même) et Open source (partage de manière non marchande avec la communauté). C'est donc un lieu qui va aider ses membres à acquérir les compétences nécessaires à l'utilisation des machines et à la réalisation de leur projet. Le but premier étant que ce soit le membre qui "apprenne à se débrouiller" pour arriver à ses objectifs. De ce fait, il sera encadré, aidé, conseillé mais c'est lui qui agit et construit en toute autonomie. A terme, il aura la fierté d'avoir mené son projet jusqu'au bout et sera encouragé à le partager avec la communauté. On se rend bien compte que cette définition est bien loin du triste stéréotype de repaire de pirates en train d'attaquer le FBI ou dupliquer des cartes bleues !


Qui sont les fondateurs d'un hackerspace ?
Ça dépend. Dans le cas de l'Electrolab, c'est une équipe de jeunes passionnés avec une motivation extrême, parce que monter un lieu comme le notre prend un temps dingue et une énergie folle !

Dans quel type d'endroit s'installe un hackerspace ? (lieux privés, municipaux, squats, ...) 
Les hackerspaces qui ne font que de l'informatique s'installent souvent dans des squats car ils n'ont pas de besoins particuliers en terme d'organisation de l'espace. En revanche, un fablab a besoin d'énormément de place pour pouvoir installer convenablement les outils et machines dont il dispose.

Dans le cas de l'Electrolab, nous avons fait le choix de tout faire dans les règles de l'art. Nous avons trouvé un industriel qui nous a prêté un bout de local, nous l'avons rénové, nous l'avons assuré et sécurisé de manière à pouvoir nous y installer avec nos machines et nos outils. C'est beaucoup de boulot mais maintenant c'est notre lieu, il est construit tel qu'on le veut, tel qu'on en a besoin. On peut difficilement rêver mieux !




Essayez-vous de faire connaître le lieu ou bien de conserver une certaine discrétion par rapport à votre activité ? Est-ce que sa fréquentation augmente ?

Oui, nous essayons de faire connaître le lieu car nous pensons que les sciences et techniques méritent d'être enseignées et partagées, surtout de manière non marchande comme c'est le cas chez nous.
Nous sommes intimement persuadés que tout le monde a quelque chose à apporter à une structure telle que la notre. Que les personnes dont le parcours "non technique" ferait hésiter à venir nous voir se rassurent : nous avons besoin de toutes les bonnes volontés disponibles pour participer à la vie de l'association et du local, aux opérations "coup de poing" organisée par le conseil d'administration ainsi qu'aux projets du lab dont beaucoup de volets ne demandent pas de compétences particulières. C'est justement en participant qu'on se familiarise avec de nouvelles techniques et que l'on acquiert de nouvelles compétences tout en partageant les siennes.

La fréquentation du lieu augmente sans cesse, nous sommes en train de réfléchir à ouvrir le lab trois soirs par semaine au lieu de deux pour que tout le monde puisse venir sans qu'on ne se marche trop dessus.

Nous recevons tellement de demandes de visites que nous sommes obligés de ne pas diffuser l'adresse physique du local pour ne pas étouffer sous l'affluence de nouveaux visiteurs. Nous avons fait le choix de prendre le temps de recevoir chacun comme il se doit, de présenter à chaque fois le lieu et son fonctionnement ainsi que les règles de sécurité et nous sommes donc obligés de contrôler le flux de nouveaux arrivants via une liste d'attente.

Actuellement, nous accueillons cinq visiteurs chaque mardi soir et en moyenne on compte 3 nouvelles adhésions par semaine !


Tous les hackerspaces se structurent-ils autour des mêmes valeurs ? Quelles sont-elles ?

Les hackers se réunissent autour des 4 libertés fondamentales du logiciel libre à savoir :

* La liberté d'utiliser le projet, pour tous les usages.
* La liberté de redistribuer des copies,
* La liberté d'étudier le fonctionnement du projet, et de le modifier à volonté
* La liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées

Ensuite, chacun applique cette définition comme il le souhaite. Nous par exemple, prônons en plus le DIY à savoir le "faites le vous mêmes". Qui pousse les gens à comprendre comment fonctionnent les appareils qui les entourent, à les utiliser plus intelligemment et donc à avoir une consommation plus réfléchie.

Par exemple, pour équiper l'électrolab, nous avons passé un nombre d'heures considérable à remettre en état des appareils de mesure et machines outils provenant des rebuts de laboratoires et d'universités. Nous l'avons fait de manière a pouvoir s'équiper avec un budget extrêmement limité tout en comprenant le fonctionnement du matériel pour pouvoir en assurer la maintenance. En invitant nos membres à participer de la sorte à l'aménagement du lieu et à la maintenance des appareils, nous permettons à tous de prendre part à la vie du local et de son équipement tout en maintenant la cotisation à son stricte minimum. Inutile toutefois de nous apporter votre frigo ou lave linge en panne, nous avons bien plus intéressant à faire au lab que de réparer de l'électroménager.

Quel est le statut juridique d'un hackerspace ? Peut-on y entrer librement? 

Notre hackerspace prend également la forme d'une association loi 1901. Ceci permet de nous donner un cadre légal et d'avoir une certaine légitimité vis à vis des autres institutions. Tout le monde peut adhérer à notre association, pour seulement 15 euros par mois (7.50 pour les étudiants/chômeurs) ce qui fait de nous l'un des hackerspaces le moins cher d'Europe.


Que se passe-t-il dans un hackerspace? Qu'y construit-on? Les activités sont-elles exclusivement centrées sur les technologies et l'informatique?

À l 'électrolab, nous essayons se faire rencontrer des gens différents autour de projets variés. C'est de ce brassage technico-culturel que naît l'innovation qui nous intéresse tant. Les projets sont tous différents : de la robe de mariée lumineuse à la voiture électrique, en passant par des robots, des vélos, des drones, des systèmes à ultra vide, des centaines de petits montages qui bougent et qui clignotent... Chacun y trouve son compte parce qu'il peut se donner à fond sur un sujet qui l'intéresse.




A quoi ressemble un projet du début à la fin ? Quels sont les moyens matériels et financiers mis en œuvre ? Du matériel est-il mis à disposition ?

Il faut différencier deux types de projets : les projets personnels des membres qui sont réalisés au moins en partie au lab en se servant des équipements disponible sur place. Il y a peu de contraintes particulières autres que celles d'éviter les projets dangereux ou illicites : chacun construit ou modifie ce que bon lui semble et sera ensuite fortement invité à partager son travail avec la communauté. D'un autre coté les "projets du lab" sont votés par les membres du conseil d'administration puis financés avec les fonds de l'association. Il s'agit soit de projets vitrine répondant à certains critères de qualité et de technicité soit de projets utiles pour le laboratoire comme par exemple les projets de réhabilitation d'équipements. Conformément à la philosophie de l'association, ces projets sont forcément intégralement sous licence open source et correctement documentés sur notre wiki.

Doit-on avoir un savoir-faire particulier pour se joindre à un projet ou bien on peut l'acquérir au travers de l'auto-formation et du partage de savoirs ?
Tout le monde peut rejoindre un hackerspace. Il suffit de vouloir apprendre et partager ;) Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, les compétences viendront d'elles même au contact des autres... chacun a forcément quelque chose à partager! Quand ce ne sont pas des compétences techniques, certains amènent des talents artistiques ou simplement leur motivation et bonne humeur.

Quelle est la position de la France par rapport au reste du monde ? Le nombre de hackerspaces est-il en augmentation ?

Le nombre de hackerspaces est en constante augmentation mais la France reste en retard par rapport à nos voisins européens.

Est-ce que le monde professionnel/industriel s'intéresse aux projets et résultats obtenus dans le hackerspace ? Des professionnels/industriels sont-ils déjà venu à votre rencontre en recherche d'un savoir-faire particulier ?

Nous avons effectivement eu plusieurs propositions que nous avons refusées. En effet, nous ne cherchons pas à faire de la sous-traitance pour des entreprises. Le but du labo est avant tout de travailler la nuit sur des projets qui nous amusent et nous passionnent sans avoir forcément d'objectif de rentabilité ni de contraintes professionnelles comme nous pouvons en avoir dans nos emplois respectifs la journée. L'Electrolab reste avant tout un « centre de loisir technique » et non le siège d'une activité professionnelle. En revanche, d'autres industriels ont bien compris que nous avions monté un vivier associatif composé principalement de personnes extrêmement motivées et dynamiques et nous envoient régulièrement des offres d'emploi pour des postes techniques difficiles à pourvoir par les moyens de recrutement classiques.

Nous ne comptons pas que notre hackerspace soit industrialisé. Nous échangeons en bonne intelligence avec les autres entreprises qui louent les locaux avoisinant mais nous avons toujours refusé de travailler pour un industriel. En effet, le caractère associatif de la structure et le bénévolat de nos membres ne nous permettent pas de nous engager fermement à obtenir un résultat et/ou à suivre des délais précis ce qui est peu compatible avec les contraintes des industriels. Enfin, si au détour des rencontres qui ont lieu au laboratoire des membres décident de créer une startup sur un projet précis nous les encouragerons et les aiderons comme on le ferait pour n'importe quel autre projet personnel. Les autres hackerspaces que je connais n'ont tout simplement aucun contact avec l'industrie.




Pourquoi les ingénieurs se retrouvent-ils dans les hackerspaces ? L'industrie devient-elle étouffante ? Manque-t-elle de créativité ? Est-ce cela que les ingénieurs viennent chercher dans les hackerspaces ?

La situation de l'industrie Française est tristement catastrophique. Nous qui surveillons de très près les ventes aux enchères suite aux faillites d'entreprises, sommes à chaque fois consternés par le gâchis de matériel, de moyens de productions et par la perte de compétences et savoir faire indispensables.

Il y a de moins en moins d'entreprises qui conçoivent leurs produits et mettent un point d'honneur à les produire eux même. L'appel de la sous traitance est tellement fort qu'au final, bon nombre d'usines et de labos de recherche et développement sont fermés au profit de bâtiments entiers remplis de personnes spéculant sur des crédits à la consommation ou des assurances en tout genre et qui au final n'apportent aucune valeur ajoutée au produit. Seules quelques irréductibles entreprises persistent à investir dans des services de recherche et développement conséquent, à vouloir continuer de concevoir et maîtriser la production de leurs produits de A à Z... Il est amusant de constater que ces mêmes entreprises ne sont peu ou pas affectées par la crise financière qui fait tant de ravages en ce moment. Coïncidence ? Je ne pense pas !

Comment en 2013 peut on fermer tôleries, aciéries, entreprises de conception / d'assemblage de cartes électroniques, fabricants de machines outils, etc. alors que nous avons besoin de maîtriser ces techniques de base pour pouvoir concevoir les produits de demain ?

Comment en 2013 les enseignements techniques peuvent ils être si impopulaires aux yeux des nouvelles générations alors que c'est justement maintenant que nous avons le plus besoin de la technologie pour vivre ?

Il semblerait que la tendance soit enfin en train de vouloir s'inverser, mais au vu des mentalités actuelles, nous pensons que cela ne se fera pas sans un "Troisième lieu" qui n'est ni le foyer ni le lieu de travail mais un lieu de partage et d'innovation. Hackerspace ? Laboratoire d'initiative populaire ? Pépinière d'entreprise ? Finalement, peu importe le nom, ce qu'il faut c'est faire émerger ces lieux tiers dans les quels les start up de demain peuvent bourgeonner en mettant autre chose en commun que des photocopieurs et des open-spaces. Ces lieux permettraient à des gens différents de se rencontrer, de confronter leurs envies, leurs projets, leurs cultures (technologique et industrielle), et c'est de là que naîtront idées nouvelles et projets de startup. Enfin, ils permettront également de développer un concept et les premiers prototypes au sein d'un laboratoire pluridisciplinaire qui resterait ouvert tard dans la nuit...

Nous n'avons bien entendu ni la vocation ni la légitimité pour proposer des solutions visant à relancer l'industrie Française. Nous décelons simplement l'existence d'un fossé de plus en plus vaste entre les objets du quotidien et la compréhension de leur fonctionnement qu'en ont leurs utilisateurs. L'Electrolab contribue à son échelle, à démystifier un tant soit peu les sciences et techniques. C'est peut-être en faisant une utilisation créative et ludique de cette technologie que l'on arrivera à (re)donner envie aux jeunes de se lancer dans ces métiers, qui restent d'actualité et dont notre industrie a tellement besoin.

Enfin, et pour répondre à la question, je pense que les ingénieurs viennent chercher la même chose que les personnes d'autres professions : un endroit sympathique ou chaque projet sera mis en valeur et pourra être partagé avec la communauté tout en travaillant de bonnes conditions d'équipement et de sécurité.

Y'a-t-il des gens qui essayent d'enrayer ce genre de structure, des gens que ça dérange?

Pas que je sache, pour l'instant, les fablabs et hackerspaces sont à la mode, profitons-en ;)

Un mot de fin, quelque chose à crier sur les toits ou sur la toile ?

Soyez curieux ! Intéressez vous au monde qui vous entoure ! Cessez d'être uniquement consommateurs, devenez acteurs ! Sortez de cet espèce de moyen âge technologique que vous vous complaisez à entretenir. Utiliser des appareils sympa c'est une chose, les comprendre, les maîtriser, les modifier, les améliorer, les réparer en est une autre. Regardez autour de vous et demandez-vous si vous savez comment fonctionnent les choses qui vous entourent et non pas seulement si vous savez les utiliser. L'électronique et l'informatique ça n'a rien de magique, il suffit de s'y mettre, de franchir le pas ... et les hackerspaces sont aussi là pour ça !



- Coping, 2012 -

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